Open-access Le magistère des métaphores: Le pape François et le Parole de Dieu

O magistério das metáforas: o Papa Francisco e a Palavra de Deus

RÉSUMÉ

Cet article examine la relation singulière que le pape François entretient avec la Parole de Dieu, en mettant en évidence ce que Jean-Pierre Sonnet nomme un véritable « magistère des métaphores ». Plutôt que de recourir à des systèmes théologiques abstraits, François privilégie des récits bibliques vivants, capables de surprendre, de déplacer et de libérer. Des images telles que le Dieu des surprises, l’Église en sortie, le pasteur qui sent ses brebis ou l’Église samaritaine témoignent d’une réactivation de la force narrative des Écritures au service de la pastorale. Ce style s’inscrit dans une herméneutique de l’innovation : puisant dans le texte ancien, François en fait jaillir du neuf sans rompre avec la tradition. L’exemple du Bon Samaritain illustre sa conviction que la Bible n’est pas seulement à comprendre, mais à faire agir dans la conscience du croyant. L’article s’attarde également sur deux métaphores d’ordre textile particulièrement chères au pape : le texte comme tissu vivant et l’Église comme tente à élargir, images d’une communauté en chemin, ouverte et accueillante. L’article conclut que les métaphores de François constituent un héritage pastoral durable, prolongeant la Parole de Dieu dans une langue accessible, vivante et transformatrice.

MOTS-CLÉS
Pape François; Parole de Dieu; Métaphores; Bible; Miséricorde; Église en sortie; Herméneutique

RESUMO

Este artigo examina a relação singular do Papa Francisco com a Palavra de Deus, evidenciando o que Jean-Pierre Sonnet designa como um verdadeiro “magistério das metáforas”. Em vez de recorrer a sistemas teológicos abstratos, Francisco privilegia narrativas bíblicas vivas, capazes de surpreender, deslocar e libertar. Imagens como o Deus das surpresas, a Igreja em saída, o pastor com cheiro de ovelhas e a Igreja samaritana testemunham uma reativação da força narrativa das Escrituras a serviço da pastoral. Esse estilo inscreve-se numa hermenêutica da inovação: bebendo no texto antigo, Francisco dele faz brotar o novo sem romper com a tradição. O exemplo do Bom Samaritano ilustra sua convicção de que a Bíblia não é apenas para ser compreendida, mas para agir na consciência do fiel. O texto detém-se ainda em duas metáforas de ordem têxtil particularmente caras ao papa: o texto como tecido vivo e a Igreja como tenda a ser alargada, imagens de uma comunidade em caminho, aberta e acolhedora. O artigo conclui que as metáforas de Francisco constituem um legado pastoral duradouro, prolongando a Palavra de Deus numa linguagem acessível, viva e transformadora.

PALAVRAS-CHAVE
Papa Francisco; Palavra de Deus; Metáforas; Bíblia; Misericórdia; Igreja em saída; Hermenêutica

1 L’étonnement de la Parole

Le caractère inassimilable du pape François – à la joie du plus grand nombre, au dépit de quelques-uns – est proportionnel aux Écritures bibliques qu’il aimait, elles aussi inassimilables. Il y a quelque chose de têtu, de résistant et de radicalement narratif (ou encore de radicalement poétique) dans l’Ancien et le Nouveau Testaments, que l’on retrouve dans la personne de Jorge Mario Bergoglio, grand lecteur de la Bible comme il fut aussi grand lecteur de la littérature (Marx ; William, 2024)1. La Bible est une pierre d’achoppement comme le pape François a été lui-même une pierre d’achoppement. Il faut sans doute commencer par cette donnée, qui apparente le pape François à la Bible qui l’inspirait, celle d’une parole tenace, surprenante, qui met en liberté. Une histoire évangélique aidera à faire une «composition de lieu» en ce sens.

Dans un article publié en 2024 dans la revue America et intitulé « L’accent mis par le pape François sur la Bible et la miséricorde – et pourquoi cela incommode tant de catholiques», John W. Martens reprend l’histoire du démoniaque en Marc 5 (Martens, 2024). Il en résume la finale : «Après que Jésus a chassé les démons de l’homme qui vivait parmi les tombes, les gens supplient Jésus de partir. Le démoniaque, lui, le supplie de pouvoir le suivre. Jésus refuse en lui disant : ‘Rentre chez toi, auprès des tiens, raconte leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi et comment il a fait preuve de miséricorde à ton égard’» (Mc 5,19). Martens cite à ce point le commentaire du théologien Micah D. Kiel (dans son ouvrage Reading the Bible in the Age of Francis) : «La miséricorde est la surprise dont les gens ne veulent pas parce qu’elle signifie qu’ils n’ont aucun moyen de prédire ce que Dieu fera et à qui il le fera » (Kiel, 2019). Martens poursuit alors: «Pour le démoniaque, celui à qui la miséricorde a été manifestée, cette miséricorde est une surprise qui apporte la joie en abondance. Pour les gens de la région, [c’est le contraire] : quand ils ‘vinrent voir ce qui s’était passé (…), ils furent effrayés’ (Mc 5,14-15). Ils voulaient que Jésus parte ». Martens ajoute à ce point : « Certaines personnes ont eu peur du pape François, et ils ont souhaité qu’il parte. »

De manière significative, la joie – celle du démoniaque guéri par Jésus et celle du peuple de Dieu devant l’insistance de Jorge Mario Bergoglio sur la miséricorde divine – est une joie qui n’a pas connu de retour. Pour Ignace de Loyola, la joie qui dure est un critère – sinon le critère – qui authentifie l’action de Dieu (Loyola, 2005)2. Les pages qui suivent exploreront l’étonnement et la joie provoquées dans l’Église et dans le monde par la parole du pape François dans sa manière de catalyser la Parole de Dieu. De l’Évangile, il a dit ainsi qu’il ne devait pas être « simplement entendu ou compris (…). Il doit atteindre le cœur et produire de l’étonnement » car « la Parole de Dieu nous étonne toujours, entre dans nos cœurs et nous renouvelle toujours » (François, 2025).

2 Connaissez-vous l’histoire de Jonas?

On pourrait commencer cette exploration du Bergoglio « biblique » en manifestant son style dans ses commentaires prolongés de l’Écriture. Il est alors un narrateur accompli, qui fait écho à l’art du narrateur de la Bible. On le découvrira dans la citation (un peu longue) qui suit. Il s’agit d’un extrait d’une interview qui remonte à l‘époque où Jorge Mario Bergoglio était archevêque de Buenos Aires (2007). Cet extrait est étonnamment révélateur du style, exégétique et pastoral, qui est devenu familier à tous au long des douze ans du pontificat de François. Il manifeste notamment combien les thèmes et les options de ce pontificat se jouent dans la lecture des Écritures. Dans cette interview accordée à la revue internationale 30 Giorni, l’archevêque de Buenos Aires demande soudainement à l’intervieweuse, Stefania Falasca :

Connaissez-vous l’épisode biblique du prophète Jonas ?

« Je ne m’en souviens pas. Racontez la moi », répond l’intervieweuse.

Jonas avait tout clair. Il avait des idées claires sur Dieu, des idées très claires sur le bien et le mal. Sur ce que Dieu fait et sur ce qu’il veut, sur qui étaient les fidèles à l’Alliance et qui en étaient exclus. Il avait la recette pour être un bon prophète. Dieu fait irruption dans sa vie comme un torrent. Il l’envoie à Ninive. Ninive est le symbole de tous les séparés, les perdus, de toutes les périphéries de l’humanité. De tous ceux qui sont dehors, loin. Jonas vit que la tâche qui lui est confiée consiste seulement à dire à tous ces hommes que les bras de Dieu sont encore ouverts, que la patience de Dieu est là et attend, pour les guérir de son pardon et les nourrir de sa tendresse. C’est uniquement pour cela que Dieu l’envoie. Il l’envoie à Ninive, mais lui s’enfuit dans la direction opposée, vers Tarsis.

« Une fuite devant une mission difficile ? », demande l’intervieweuse.

« Non. Ce dont Jonas fuyait n’était pas tant Ninive, mais précisément l’amour sans mesure de Dieu pour ces hommes. C’était cela qui ne rentrait pas dans ses plans. Dieu était venu une fois, “et du reste, je m’en occupe maintenant”: voilà ce que se disait Jonas. Il voulait faire les choses à sa manière, il voulait tout diriger lui-même. Sa ténacité l’enfermait dans ses évaluations structurées, dans ses méthodes préétablies, dans ses opinions correctes. Il avait ceint son âme de barbelé avec ces certitudes qui, au lieu de donner la liberté avec Dieu et d’ouvrir des horizons de plus grand service aux autres, avaient fini par lui assourdir le cœur. Comme la conscience isolée endurcit le cœur ! Jonas ne savait plus comment Dieu conduisait son peuple avec un cœur de Père ».

« Nous pouvons nous identifier à Jonas en bien des points », intervint l’intervieweuse.

Bergoglio: « Nos certitudes peuvent devenir un mur, une prison qui emprisonne l’Esprit Saint. Celui qui isole sa conscience du chemin du peuple de Dieu ne connaît pas la joie de l’Esprit Saint qui soutient l’espérance. C’est le risque que court la conscience isolée. Celle de ceux qui, du monde clos de leurs Tarsis, se plaignent de tout ou, se sentant menacés dans leur identité, se jettent dans des batailles pour finir encore plus auto-occupés et autoréférentiels. »

(Francesco, 2017, p. 447; Falasca, 2007; Sonnet, 2020, p. 71-77)3.

On aura reconnu certains des grands thèmes du «kérygme» de Bergoglio – la liberté divine et ses surprises, le Dieu infatigablement miséricordieux, l’auto-référentialité, les périphéries, etc. Mais on aura reconnu aussi son réflexe scripturaire et narratif. Lorsqu’il y va d’articuler ces thèmes l’un à l’autre, les options fortes de son ministère pastoral, ce n’est pas à un système théologique qu’il recourt, mais à une histoire biblique. Celle-ci sert à la fois de canevas et de loupe (de magnifying glass, dirait l’anglais).

3 Étonnantes métaphores

Les pages que voici se centreront toutefois sur les formes « courtes » du commentaire biblique du pape François, formulées en quelques mots à partir d’une page biblique. Le magistère de Bergoglio a été à cet égard un « magistère des métaphores » (Francesco, 2017, p. 447)4. Pasteur et poète, il a eu l’art de forger des paroles-boussoles. Ces dernières, ainsi qu’on va le voir, ont toujours une valence narrative : elles sont connectées à une histoire biblique ou évangélique qu’elles (ré) activent autour d’elles.

Parler de la prière comme une « lutte contre Dieu », c’est mobiliser l’histoire de Jacob en Genèse 32 : au gué du Yabboq, le patriarche est surpris, dans l’obscurité de la nuit, par un mystérieux adversaire qui en fin de compte le bénit (François, 2020)5. La métaphore met en lumière le fait que la prière est bien plus qu’une pratique dévotionnelle; elle est un engagement, corps et âme, avec le Dieu qui donne rendez-vous : « Nous avons tous un rendez-vous dans la nuit avec Dieu, dans la nuit de notre vie, dans les si nombreuses nuits de notre vie ».

Parler du « pasteur qui porte l’odeur de ses brebis », c’est remettre en mémoire l’histoire racontée par Jésus en Luc 15,3-7, à propos de la brebis retrouvée par le berger: « Lorsqu’il l’a trouvée, tout joyeux, il la porte sur ses épaules » (v. 5 ; cf. Is 40,11 ; 49,22). On ne pourrait mieux dire l’exigence, pour les pasteurs, de se tenir au plus près du peuple de Dieu, en en partageant la vie, les joies et les souffrances.

Parler d’une « Église-en-sortie », c’est faire surgir dans les mémoires l’appel d’Abraham en Gn 12,1 (« Sors de ton pays ») et la sortie d’Égypte en Exode 3-15, mais aussi l’élan missionnaire de la première Église (Mt 28,16-20; Ac 1,8)6. Dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium, François a ainsi plaidé pour « une constante sortie [de l’Église] vers les périphéries de son propre territoire ou vers de nouveaux milieux sociaux-culturels ».

Parler du « Dieu des surprises » (François, 2017)7, c’est renvoyer notamment à Is 29,5-6, qui évoque la soudaineté de Dieu dans son intervention de salut: « Et tout à coup, en un instant, Yhwh tout-puissant interviendra… » (Loyola, 1991, p. 330)8. C’est aussi réactiver dans les mémoires des épisodes bibliques qui pivotent autour de surprises divines – la révélation au buisson en Exode 3,6, l’intervention nocturne de Dieu en faveur de David en 1 Sm 26,12, ou encore, du côté du Nouveau Testament, la transfiguration de Jésus sur la montagne (Mt 17,3: « Et voici… »), et, de manière éminente, sa résurrection. Le caractère subit de la surprise divine résonne également dans le récit de la Pentecôte : « Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d’un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils étaient assis » (Ac 2,2). La surprise se joue dans le rythme d’une expérience mais aussi dans son excès par rapport à nos attentes. En Ep 3,20, Paul souligne la capacité divine d’aller au-delà de ces attentes : « Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons ».

L’intérêt des métaphores créées à partir du texte des Écritures biblique – et leur supériorité par rapport aux définitions conceptuelles, de matrice philosophique ou théologique – est qu’elles donnent au peuple de Dieu d’expérimenter la fidélité de Dieu à sa Parole. En 1 Sm 3,9, à propos de la mission du jeune Samuel, le narrateur annonce que Dieu « ne laissa tomber à terre aucune de ses paroles ». Dans un oracle au prophète Jérémie, Dieu renchérit : « Je veille sur ma parole pour l’accomplir » (Jr 1,12). Cette dynamique d’accomplissement se retrouve également dans l’œuvre des scribes de la Bible, dans ce que la recherche actuelle appelle leurs Fortschreibungen (réécritures) successives (Sonnet, 2006, p. 3-17)9. Ces réécritures ont en propre d’êtres lemmatiques, c’est-à-dire de me mettre à profit le texte ancien, dans ses unités linguistiques constitutives (lemmes), come matrice du texte nouveau. En d’autres termes, les scribes ont inscrit le nouveau dans l’ancien. C’est là le phénomène que l’exégèse contemporaine appelle l’« herméneutique de l’innovation », tout à la fois conservatrice et innovante, qui a marqué de son seing la croissance du corpus des Écritures. Jésus s’inscrit dans cette tradition, lui qui a loué de tels scribes : « tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et du vieux » (Mt 13,52). Le pape François a lui aussi illustré cette dynamique en créant des métaphores nouvelles, dans leur pertinence pastorale, « sous le manteau » du texte ancien. Il a ainsi donné au peuple de Dieu de faire l’expérience de la fidélité de Dieu à sa Parole, ancienne mais toujours renouvelée.

4 L’Église samaritaine

Une métaphore biblique chère au pape François mérite une halte quelque peu prolongée, celle de l’ « Église samaritaine » (Phan, 2023, s.p)10 Cette métaphore a un indéniable fondement scripturaire – la parabole du bon Samaritain racontée par Jésus en Lc 10,25-37 – mais elle a aussi une histoire d’interprétation riche en nuances dans la tradition chrétienne.

Les Pères de l’Église, à commencer par Origène (IIe-IIIe siècles), ont ainsi interprété la parabole comme une fresque symbolique retraçant toute l’histoire du salut. Augustin d’Hippone (IVe-Ve siècles) s’inscrit dans cette interprétation en proposant une double identification (Augustin, d’Hippone, s.d., § 2).

D’une part l’homme roué de coups est l’humanité entière:

Il faut voir en effet le genre humain tout entier dans cet homme que les brigands laissèrent étendu et à demi-mort sur le chemin, près duquel passèrent, sans s’arrêter, le prêtre et le lévite, et dont le Samaritain s’approcha pour lui donner ses soins et du secours.

D’autre part, le Samaritain est lui-même identifié à Jésus:

Le Seigneur voulait se désigner dans la personne de ce Samaritain. Samaritain en effet signifie gardien […]. N’est-il pas écrit aussi que « le gardien d’Israël ne sommeille ni ne s’endort ? » […]. [Jésus] ne nia pas qu’il fût [le Samaritain, c’est-à-dire] le gardien de notre faiblesse. Ainsi « le Seigneur est proche », pour s’être rapproché de nous

(Leão XIV, 2025, s.p.)11.

Dans l’Église des temps modernes, le premier à avoir utilisé l’histoire du Samaritain dans une actualisation symbolique a été Paul VI dans sa dernière allocution au Concile (7 décembre 1965) : « L’antique histoire du Samaritain a été le paradigme de la spiritualité du Concile. Une sympathie immense l’a pénétré tout entier » (Paul VI, 1965, s.p.). Le Document d’Aparecida (2007) a ensuite forgé l’expression d’« Église samaritaine » (CELAM, 2007, § 26)12. Le théologien péruvien Gustavo Gutiérrez a commenté l’expression : la sympathie « samaritaine » est celle d’une Église qui, dans un engagement de service, « s’est faite proche de l’autre, blessé, dépouillé, sans aide » (Gutiérrez, 2014)13.

Le pape François a repris l’expression d’« Église samaritaine » et l’a déclinée de bien des manières (Fançois, 2014) . L’Église « samaritaine », a-t-il dit, est celle qui « conforte, s’engage et se penche pour toucher les plaies de la chair souffrante du Christ dans le peuple » (François, 2022). Les consacrés sont ainsi des « “samaritains” à manches retroussées » (François, 2023); les soignants le sont de manière éminente (François, 2022)14.

Le pape Bergoglio a eu toutefois une manière typique de se référer à la figure du Samaritain et à l’histoire dont il est protagoniste. Dans un article sur la relation du pape François avec la Parole de Dieu, Béatrice Oiry écrit :

Dans Fratelli tutti, le pape commente la parabole du bon Samaritain. Il détaille la scène, longuement, un peu à la manière d’un exercice spirituel. Il évoque les hommes importants qui passent leur chemin à la vue du blessé, puis le Samaritain qui s’arrête et se fait proche. Et puis soudain, le pape interrompt son commentaire et s’adresse au lecteur : À qui t’identifies-tu ? […] Parmi ces personnes à qui ressembles-tu ? […] Nous sommes habitués à regarder ailleurs, à passer outre, à ignorer les situations jusqu’à ce qu’elles nous touchent directement

(François, 2020, § 64).

Là, il court-circuite les développements exégétiques. La parabole parle d’elle-même. Le commentaire du pape vise simplement à nous saisir, à nous réveiller pour que la parabole puisse faire son œuvre de vérité en chacun. Il libère, en quelque sorte, l’urgence et la radicalité de l’appel du Christ (Oiry, 2021, p. 155).

Telle est la touche bergoglienne : le récit et ses figures n’ont de cesse de mettre leurs lecteurs et auditeurs devant un choix. Dans son enarratio, François précipite la dynamique des histoires bibliques – à commencer par celle du Samaritain – celle de mettre en demeure ceux-là qui les lisent ou les écoutent. « Face à tant de douleur, face à tant de blessures, la seule issue, c’est d’être comme le bon Samaritain. Toute autre option conduit soit aux côtés des brigands, soit aux côtés de ceux qui passent outre sans compatir avec la souffrance du blessé gisant sur le chemin » (François, 2020, § 67). La figure du Samaritain, issue de l’imagination de Jésus est alors celle qui nourrit l’imagination du destinataire et habite le choix d’un parcours différent. À travers le voyageur étranger, Jésus nous invite, « non pas à nous demander qui est proche de nous, mais à nous faire proches, prochains » (François, 2020, § 80).

5 Mailler, démailler, et remailler encore

Une dernière métaphore – une paire de métaphores en fait – doit retenir notre attention. Il s’agit, d’une part, de la métaphore du texte comme « tissu » et, d’autre part, de la métaphore de l’Église comme « tente » à élargir. La première n’est pas d’origine biblique ; elle a sa matrice du côté de la littérature antique grecque et latine15 – elle se retrouve toutefois, de manière inchoative, du côté des Pères de l’Église (Hilaire de Poitiers, s.d., 310-367 ; Hippolyte de Rome, s.d., 170-235)16. La seconde a un point de départ proprement biblique, qui est le verset d’Isaïe : « Élargis l’espace de ta tente » (Is 54,2) (Papadopoulou-Belmehdi, 1994, p. 165, 167 ; Homère, s.d., II, 121-122, 134-139 ; Quintilien, s.d., IX, 4.3-23).

La métaphore du tissu est celle qui unifie le message du pape François pour la 54e journée des communications sociales (François, 2020)17. Elle est déclinée en divers sens, mais toujours avec bonheur, au long d’une méditation sur le rôle du récit dans la vie humaine et dans la vie de l’Église (Hippolyte de Rome, s.d., § 4 ; Aubineau, 1974, p. 363 ; Bevc, 2020, p. 5)18. Le pape appelle de ses vœux « un récit qui sache regarder le monde et les événements avec tendresse ; qui raconte que nous faisons partie d’un tissu vivant ; qui révèle l’entrelacement des fils par lesquels nous sommes rattachés les uns aux autres » (Introduction). Notre espèce est tisserande, continue François: « Nous tissons non seulement des vêtements, mais aussi des récits : en effet, la capacité humaine à “tisser” conduit à la fois aux tissus et aux textes » (François, 2020, § 1).

Dans un écho au Ps 139,13-15 (« Mes os ne t’ont pas été cachés lorsque j’ai été fait dans le secret, tissé dans une terre profonde » [v. 15]), il ajoute : « Nous ne sommes pas nés accomplis, mais nous avons besoin d’être constamment “tissés” et “brodés”. La vie nous a été donnée comme une invitation à continuer à tisser cette “étonnante merveille” que nous sommes » (§ 3)19. À la donnée existentielle, entre gestation, naissance et croissance, s’ajoutent, toujours dans le même registre, la révélation et le salut : « Dieu s’est personnellement inséré dans notre humanité, nous donnant ainsi une nouvelle façon de tisser nos récits » (François, 2020, § 4).

François file ainsi la métaphore de paragraphe en paragraphe. Il révèle en cela le côté féminin de son être. Dans son essai Le Dieu des femmes, la psychanalyste milanaise Luisa Muraro met en lumière la dimension théologique du savoir-faire féminin qu’est l’art de mailler, démailler et remailler (Muraro, 2006 ; Marxer, 2016, p. 66)20. Le texte d’Ex 35,25-26 mentionne les femmes habiles qui filent pour le tabernacle le lin, la laine teinte et le poil de chèvre ; de son côté, le poème de Proverbes 31,13-19 loue la femme entreprenante qui « cherche de la laine et du lin », met la main à la quenouille et tient le fuseau. Il y a quelque chose de cet art au féminin dans l’invitation de François à « tisser de miséricorde la trame de nos jours (François, 2020, § 5).

Une autre métaphore « textile » est présente dans le discours du pape François, celle de la tente21. Ainsi qu’il a été dit plus haut la métaphore dérive d’un verset du livre d’Isaïe, dont voici le texte complet : « Élargis l’espace de ta tente, déploie sans hésiter la toile de ta demeure, allonge tes cordages, renforce tes piquets ! » (Is 54,2)22. C’est qu’il s’agit d’accueillir, au retour d’exil, des fils et des filles en nombre inespéré.

Dans une adresse au Synode des évêques de la région pan-amazonienne, le pape François a ainsi affirmé le 23 octobre 2019 : « La nature de l’Église émerge du livre des Actes, où elle n’est pas une forteresse, mais une tente capable d’élargir son espace (cf. Isaïe 54,2) et de faire place à tous ». Cette image de l’Église-tente est devenue le titre du document de travail du dernier synode (28 octobre 2023), où elle revient seize fois. La tente est une habitation on the move, et elle se prête étonnamment à la symbolique de l’Église en route qu’est l’Église synodale.

Il est tentant de « composer » les deux métaphores qui viennent d’être évoquées, ce que n’a pas fait le pape François : le texte biblique, en tant que « tissage », est-il une « tente qui s’élargit » ? Le « magistère des métaphores » qui a caractérisé le ministère du pape François doit-il se prolonger par un sensus fidei métaphorique, c’est-à-dire par une créativité métaphorique de la part du peuple de Dieu ? Oui, bien sûr, et la fin de cet essai constituera un petit exercice en ce sens.

Lorsque l’auteur du Prologue du quatrième évangile annonce du Logos qu’il « a planté sa tente au milieu de nous (eskēnôsen en hēmin) », il reprend et active les paroles du Siracide à propos de la Sagesse : « celui qui m’a créée m’a fait planter la tente (skēnēn) et m’a dit : “Fixe la tente (kataskēnôson) en Jacob et prends héritage en Israël” » (24,8). Nous n’avons pas conservé le texte hébreu de Si 24, mais les variations grecques sur l’étymon skēn- font apparemment écho au verbe šākan en hébreu, et donc à l’inhabitation divine de la šekînâ. Le jeu d’écho est dans ce cas bilingue, et d’autant plus singulier. L’expression du nouveau – l’inhabitation du Verbe dans le « nous » des hommes – s’est ainsi infiltrée dans l’expression ancienne, de manière à « élargir son espace » (ici aussi un écho à Is 54,2: « élargis l’espace de ta tente, étends les toiles de ta demeure [miškan] »). La fortune des Écritures dans ses réemplois est celle d’un tissu qui s’étend, d’une tente qui s’élargit.

Conclusion

Au début de cet essai, il a été question de la pierre d’achoppement qu’a représenté le ministère du pape François – u point de susciter une réaction de refus chez certains. Les métaphores qu’il a créées ou recréées au long des douze ans de son pontificat sont autant de servantes de la Parole de Dieu. Elles sont cette Parole en version pastorale, dans une adresse à tous. Elles ont surpris les chrétiens lorsqu’elles ont été mises en jeu, et elles les surprendront encore, de quelque bord qu’ils soient. Elles sont un testament vivant du pape poète. Elles continueront à produire leur effet, à la fois déchirant et remaillant. Elles deviendront une tente pour tous dans l’Église de Dieu, qui est elle-même une tente qui s’élargit.

  • 1
    Voir la « biographie littéraire » de Jorge Mario Bergoglio établie par Antonio Spadaro, « La vita senza poesia non funziona », in Papa Francesco, Viva la poesia! , Milano, Ares, 2025, 9-47. D'autres éléments biographiques en ce sens sont évoqués par le pape François lui-même dans des chapitres de l'ouvrage en question ; dans le même volume, voir aussi A. Spadaro, « J.M. Bergoglio, il maestrillo creativo. Intervista all'alunno Jorge Milia », 201-220. L'épisode de l'invitation adressée à l'écrivain Jorge Luis Borges par le jeune Bergoglio, en régence au collège de Santa Fe, a été raconté en divers lieux ; voir notamment les pages de A. Ivereigh, The Great Reformer: Francis and the Making of a Radical Pope, New York, Henry Holt and Company, 2014, 80-82. La foi de Jorge Mario Bergoglio dans la médiation de la littérature dans les existences personnelles s'exprime de manière singulière dans sa Lettre sur le rôle de la littérature dans la formation publiée le 17 juillet 2024. Voir notamment Pape François, W. Marx, Louée soit la lecture, Paris, Équateur, 2024.
  • 2
    C'est en tout cas le premier critère par ordre d'apparition dans la vie du jeune Ignace. Voir Autobiographie (Ignace de Loyola, 2005, § 7-8).
  • 3
    «Quello che avrei detto al concistoro». Intervista con il cardinale Jorge Mario Bergoglio, arcivescovo di Buenos Aires. 30 Giorni, nov. 2007. Disponible sur : https://www.30giorni.it/articoli_id_15978_l1.htm. Consulté le : 9 avr. 2026.
  • 4
    «Querida Amazonia, fra racconto e metafora », La Civiltà Cattolica 4081 (2020) III, 71-77. « La poésie est pleine de métaphores », a expliqué Bergoglio, « comprendre les métaphores aide à rendre la pensée agile, intuitive, flexible, aiguë » et à déjouer la médiocrité de tant de discours modernes autoréférentiels et destructeurs (Francesco, 2017, p. 447; Sonnet, 2020, p. 71-77).
  • 5
    Pape François, « Audience générale », Bibliothèque du palais apostolique, Mercredi 10 juin 2020; voir aussi Pape François, « Lutte avec Dieu », Méditation en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, mardì 12 janvier 2016.
  • 6
    Parmi les nombreuses mentions et allusions, voir Ex 3,10; 3,17 ; 12,34-42; 13,3-17 ; Dt 5,6; 1 Sm 12, 6; Is 51,10-11; Mi 6,4; Ps 114,1; Ac 7,36-40.
  • 7
    « Le Dieu des surprises », Méditation en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, lundi 8 mai 2017: «L’Esprit est le don de Dieu, notre Père, qui nous surprend toujours: le Dieu des surprises […]. Parce que c’est un Dieu vivant, qui habite en nous, qui meut notre cœur, qui est dans l’Eglise et qui marche avec nous ; et sur ce chemin, il nous surprend toujours […]. De même qu’il a eu la créativité de créer le monde, ainsi, il a la créativité de créer des choses nouvelles tous les jours ».
  • 8
    Voilà qui recoupe la « consolation sans cause précédente » d'Ignace de Loyola (Exercices Spirituels, § 330), qui « vient uniquement de Dieu », lequel peut « entrer, sortir, produire » directement dans l'âme les consolations sans cause et, de cette façon, l'attirer « toute entière dans l'amour de sa divine majesté » ( Loyola, Exercices spirituels. Paris: Desclée de Brouwer, 1991).
  • 9
    « Inscrire le nouveau dans l’ancien. Exégèse intra-biblique et herméneutique de l’innovation », dans Nouvelle Revue Théologique 128 (2006) 3-17 (présentation du front de recherche illustré par Michael Fishbane, Bernard M. Levinson, Yair Zakovitch et autres) (Sonnet, 2006, p. 3-17).
  • 10
    « Why Pope Francis sees the Good Samaritan as the Parable for our Times », America Magazine, 9 février 2023 (edition en ligne) (Phan, 2023, s.p.).
  • 11
    « [Jésus] est le bon Samaritain qui est venu à notre rencontre. “Il a daigné, dit saint Augustin, s’appeler notre prochain. Car Jésus-Christ s’est peint sous les traits du Samaritain secourant ce malheureux, abandonné sur le chemin par les voleurs, couvert de blessures et à demi-mort” (cf. La Doctrine chrétienne, I, 30.33) » (Allocution à Castel Gandolfo, 13 juillet 2025).
  • 12
    Document de Aparecida, Ve Conférence générale de l'épiscopat latino-américain et des Caraïbes. Disciples et missionnaires de Jésus-Christ pour que nos peuples aient la vie en Lui : «Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie" (Jn 16,4) (CELAM, 2007, § 26).
  • 13
    À l’occasion de la présentation du livre du card. G. L. Müller, Pauvre pour les pauvres. La mission de l’Église, Rome, Libreria Editrice Vaticana, 2014 (25 février 2014) (Gutiérrez, 2014).
  • 14
    En faisant allusion au Samaritain qui verse un onguent sur les plaies du blessé, François commente : « Il nous manque de toucher les misères, ce qui nous porte à l’héroïcité comme le font les médecins, infirmiers, qui ont touché le mal de la pandémie et ont choisi de rester ». Émission Che tempo che fa, Canal Nove, 7 février 2022 (François, 2022).
  • 15
    L’attestation la plus ancienne de la métaphore du tissage comme renvoi au texte ou à l'intrigue remonte aux figures d'Hélène et de Pénélope dans l’Iliade et l'Odyssée. La métaphore du tissage fonctionne alors comme une figure métalittéraire pour la composition épique elle-même. Ainsi en est-il d'Hélène qui tisse une représentation de la guerre de Troie : « D’un côté des murailles, la guerre ; de l’autre, sa figuration sur le tissu. À cela près que la tisserande en est la cause même, celle qui objectivement a tramé le conflit. Les hommes font la guerre, Hélène la tisse pourpre ». De son côté, Pénélope, qui espère le retour d'Ulysse, défait de nuit ce qu'elle tisse de jour afin de retarder son remariage avec l'un des prétendants. Papadopoulou-Belmehdi évoque ainsi le « tissage de la matière épique ». Enfin, chez Quintilien (Ier siècle apr. J.-C.), dans l'Institutio oratoria, le mot textus (« tissu, toile ») est explicitement employé comme métaphore de la composition textuelle, reliant le choix des mots à une structure tissée (Papadopoulou-Belmehdi, 1994, p. 165, 167 ; Homère, Odyssée, II, 121-122, 134-139 ; Quintilien, Institutio oratoria, IX, 4.3-23).
  • 16
    Voir le n. 28 ci-dessous à propos d'Hippolyte de Rome (vers 170-235), bien que sans référence directe au « texte » lui-même. Dans son exégèse des Psaumes, Hilaire de Poitiers (vers 310-367) mobilise des images d'unité et de trame (contextus), susceptibles d'être rapprochées de la métaphore du « tissage » ou du « tissu » (Hilaire de Poitiers, s.d., 310-367 ; Hippolyte de Rome, s.d., 170-235).
  • 17
    Message pour la 54e journée des communications sociales : « Afin que tu puisses raconter à ton fils et au fils de ton fils » (Ex. 10, 2). La vie se fait histoire (24 janvier 2020). Pape François, 2020.
  • 18
    Voir notamment l'étonnante déclinaison christologique de la métaphore en question par Hippolyte de Rome : « Le Verbe de Dieu, étranger à la chair, a revêtu comme un époux la chair très sainte qu'il a empruntée à la Sainte Vierge, en se tissant pour lui-même ce vêtement pour sa Passion sur la croix, afin qu'en mêlant notre corps mortel à sa puissance et en mélangeant la corruptibilité à l'incorruptibilité, la faiblesse à la force, il sauvât l'homme qui était perdu. Ainsi donc le métier à tisser du Seigneur, c'est la Passion sur la croix, la chaîne, la puissance de l'Esprit saint qui est en lui, la trame, la chair très sainte tissée par l'Esprit, le fil, la grâce qui, par la charité du Christ, relie et unit les deux en un, la navette, le Verbe, les ouvriers, les Patriarches et les Prophètes qui tissent la tunique du Christ, belle, parfaite, descendant jusqu'aux pieds : par leur intermédiaire, le Verbe, passant à la manière d'une navette, tisse ce que veut le Père » (Hippolyte de Rome, De Christo et Antichristo, § 4 ; traduction de M. Aubineau, « La tunique sans couture du Christ, exégèse patristique de Jn 19, 23-24 », in Recherches patristiques. Enquêtes sur des manuscrits, textes inédits. Études, Amsterdam, Hakkert, 1974, 363 ; voir B. Bevc, “Noi umani, intessuti di storie. Lògos e incarnazione, la lezione di Ippolito", in L’Osservatore romano, 23 juin 2020, 5. Hippolyte de Rome, s.d., § 4 ; Aubineau, 1974, p. 363 ; Bevc, 2020, p. 5.
  • 19
    Au psaume cité par le pape François on peut ajouter un texte prophétique étonnant, qui évoque cette fois la fin de la vie. En Is 38,12, le roi Ezéchias, dans son action de grâce après sa guérison, évoque son extrême maladie en recourant à la métaphore de l'existence comme tente tissée: « Ma demeure est enlevée / et exilée loin de moi, / comme une tente de berger; / comme un tisserand j'enroule ma vie. / Il m'arrache du métier » (Is 38,12).
  • 20
    Dans un article intitulé « Ces femmes qu’on dit mystiques. Des chrétiennes en liberté », Études, novembre 2016, n° 4232, 66, F. Marxer a une note intéressante à ce propos : Luisa Muraro, écrit-il, « fait appel à cette activité du savoir-faire féminin : détricoter est indispensable quand le tricot est troué (comme le langage par l’indicible) » (n. 6) (Muraro, 2006 ; Marxer, 2016, p. 66).
  • 21
    Les tentes des temps bibliques associaient des peaux d’animaux et des tissages en poils de chèvre (voir Ex 26,7 ; 36,14-18; Ct 1,5). Paul, le futur apôtre, était fabricant de tentes à Tarse ; il travaillait probablement le poil de chèvre transformé en toile : Voir Ac 18,3.
  • 22
    Voir la tente déjà mentionnée : « comme une tente de berger » (Is 38,12).

Disponibilité des données:

Les informations sur lesquelles s’appuie le texte de la recherche figurent dans l’article.

Références

  • AUBINEAU, M. La tunique sans couture du Christ, exégèse patristique de Jn 19, 23-24. In: Recherches patristiques. Enquêtes sur des manuscrits, textes inédits. Études. Amsterdam: Hakkert, 1974.
  • AUGUSTIN d’Hippone. Sermon 171: Se réjouir dans le Seigneur. 2. Disponible sur : https://www.bibliotheque-monastique.ch/bibliotheque/bibliotheque/saints-augustin/sermons/sermons2/171.htm Consulté le: 10 abr 2026.
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  • BEVC, B. Noi umani, intessuti di storie. Logos e incarnazione, la lezione di Ippolito. L’Osservatore romano, Roma, 23 jun. 2020.
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  • GUTIERREZ, G. Pauvre pour les pauvres La mission de l’Église, de G. L. Müller. Roma: Libreria Editrice Vaticana, 2014.
  • HIPPOLYTE de Rome. De Christo et Antichristo. 4. In: AUBINEAU, M. (trad.). La tunique sans couture du Christ, 1974.
  • HOMERE. Iliade Chant III, v. 125-128. H. Dessain
  • HOMERE. Odyssée Chant II, v. 121-122, 134-139.
  • IVER EIGH, A. The Great Reformer: Francis and the Making of a Radical Pope. New York: Henry Holt and Company, 2014.
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  • LOYOLA, Ignace de. Autobiographie, 2005.
  • LOYOLA, Ignace de. Exercices spirituels. Paris: Desclée de Brouwer, 1991.
  • MARTENS, J. W. L’accent mis par le pape François sur la Bible et la miséricorde – et pourquoi cela incommode tant de catholiques. America Magazine, 2024.
  • MARX, W. Loue soit la lecture (Avec Pape François). Paris: L’Âquateur, 2024.
  • MURARO, L. Le Dieu des femmes Bruxelles: Lessius, 2006.
  • OIRY, B. (entrevistada por Bada Silas, S.). De Verbum Domini au dimanche de la Parole de Dieu. Transversalités, n. 159, p. 155, 2021.
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  • PAUL VI. Allocution à l’occasion de la dernière session publique du Concile. 7 dez. 1965. Disponible sur : www.vatican.va Consulté le : 10 abr. 2026.
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  • SPADARO, A. La vita senza poesia non funziona. In: Francesco, Papa. Viva la poesia! Milano: Ares, 2025.
  • SPADARO, A.; BERGOGLIO, J. M. Il maestrillo creativo. Intervista all’alunno Jorge Milia. In: Francesco, Papa. Viva la poesia! Milano: Ares, 2025.

Edited by

  • Éditeurs:
    Franklin Alves Pereira et Márcia Eloi Rodrigues

Publication Dates

  • Publication in this collection
    05 June 2026
  • Date of issue
    2026

History

  • Received
    13 Apr 2026
  • Accepted
    19 Apr 2026
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